La fast-fashion est un un terme qui revient de plus en plus lorsque l’on aborde le sujet de la mode. De plus en plus de gens ont conscience de son existence mais aussi et surtout, de ses conséquences, notamment sur l’environnement. 

La fast fashion, c’est quoi ?

Traduit littéralement, c’est une mode qui va très vite, qui se fabrique très vite. Concrètement, on achète de plus en plus des vêtements que l’on garde de moins en moins. Le site boomers l’explique ainsi : « L’idée de la fast fashion est de produire rapidement, fréquemment et à bas prix des micro-tendances vues sur les défilés pour les rendre accessibles au grand public. »

La fast-fashion est donc synonyme de mauvaise qualité mais aussi de gaspillage : d’après la sociologue Majdouline Sbai, la moitié des vêtements achetés n’a jamais été portée, comme le rapport cette vidéo du média AJ+ français. La journaliste y explique en plus qu’il existe un tabou dans l’industrie : les invendus sont brûlés. H&M aurait ainsi brûlé 12 tonnes de vêtements en 2017. Même Burberry aurait brûlé plus de 30 millions d’euros d’invendus en 2018.

Nous l’avons déjà écrit dans l’un de nos articles dans lequel nous abordions la question de l’engagement écologique dans l’univers de la mode : l’industrie est la deuxième industrie la plus polluante au monde, après le pétrole. Pour produire un vêtement, il faut des milliers de litre d’eaux. Raison pour laquelle la fast-fashion, dont le but est de produire le maximum au plus vite, accroit forcement la pollution. En plus, la fast-fashion encourage aussi l’exploitation de personnes, ce qui entraine parfois des drames. On peut prendre l’exemple de l’usine du Rana Plaza au Bangladesh où 1138 personnes sont mortes dans son effondrement en 2013.

Les conséquences de la fast-fashion

Elles sont à la fois nombreuses et multiples :

Augmentation de l’empreinte carbone

La fast-fashion consomme particulièrement de fibres synthétiques, pour produire le plus rapidement possible. Parmi ces dernières, on trouve notamment du polyester qui a un impact énorme sur l’environnement. Par exemple, il émet beaucoup plus de dioxyde de carbone que d’autres fibres telles que le coton, et il met aussi beaucoup plus de temps à s’auto dégrader. Pourtant, près de la moitié de nos vêtement sont faits à partir de ce matériau. D’après le site internet Natura Sciences,  il y a eu une augmentation de 157 % de la quantité de polyester utilisée dans les vêtements de l’an 2000 à ce jour.

 

Consommation d’eau et pollution

Pour produire un jean, il faut près de 10 000 litres d’eau, tandis qu’il en faut près de 3000 pour un simple t-shirt. 20% de la pollution de l’eau est causée par l’industrie textile. La fast-fashion utilise également plus de 1.5 millions de tonnes de produits chimiques dangereux pour produire les vêtements. 8 sur 10 des pesticides utilisés sont classés de modérément à extrêmement dangereux.

 Déchets engendrés

En France, chaque personne jette environ 12 kilos de vêtements tous les ans en moyenne. Près de 70% de notre garde-robe n’est pas portée. Cela contribue aux déchets de masse, non seulement dans notre pays mais aussi dans les pays en développement. Beaucoup des textiles jetés finissent dans les décharges des pays en voie de développement. 

Pratiques de travail déloyales

D’après le site d’Oxfam France, le secteur de la mode emploie 75 millions de personnes à travers le monde. La fast-fashion a inévitablement des conséquences sociales : exploitation des enfants, des femmes, salaires précaires et conditions de travail indécentes. En effet, les multinationales sous-traitent et externalisent leur production dans un souci de rentabilité. D’après le Journal Du Net, les vêtements des entreprises européennes sont en majorité fabriqués en Chine, en Turquie, et au Bangladesh.

Les femmes représenteraient plus de 80% des travailleurs du textile dans le monde.

Dangers pour la santé

Il existe également des risques pour la santé liés à la fast-fashion. On vaporise en général des produits chimiques sur les vêtements pour les empêcher de s’user ou de moisir durant le transport. Or, ces produits peuvent provoque de graves réactions allergiques. Si un simple lavage peut remédier à ce problème, les personnes qui produisent les vêtements sont directement exposées aux produits chimiques avec lesquels sont fabriqués les matières textiles qu’ils manipulent.

Quelles alternatives à la fast-fashion ?

1.Se tourner vers la seconde main 

C’est l’un des avantages à voir revenir les friperies et le vintage à la mode. La seconde main est une excellente alternative à la fast-fashion. Acheter en fripes permet de donner une nouvelle vie à un vêtement déjà porté, tout en limitant son impact écologique. Les sites d’achats et de ventes de vêtements d’occasion tels que Vinted sont également à privilégier aux bennes à ordures lorsque l’on souhaite se débarrasser de vêtements.

2. Privilégier des entreprises éthiques

Au même titre que l’on peut privilégier un artisan aux bons produits locaux à un fast-food, on peut aussi se tourner vers des entreprises qui font attention à leur éthique et qui n’hésitent pas à être transparentes quant à l’origine de de leur produit, tout en privilégiant la qualité.

3.  Ne jetez pas, donnez !

Il existe de nombreuses associations qui récupèrent les vêtements dont vous souhaitez vous débarrasser telles que la Croix-Rouge, le Secours Populaire, les Emmaüs. Il existe même des conteneurs relais dans lesquels vous pouvez directement mettre vos vêtements.

4. N’achetez plus, créez !

Entre pandémie mondiale et confinementS, les activités manuelles ont été remises au gout du jour. Parmi elles, la broderie, le tricot ou encore la couture. Partout sur les réseaux sociaux, on a vu fleurir des tutos pour réaliser ses propres occasions. Une alternative qui peut sembler bien lointaines pour les moins manuel.lle.s d’entre nous, mais qui est très écolo.

5. L’upcycling 

Vous n’en avez peut-être jamais entendu parler, mais vous l’avez surement déjà pratiquée.  L’upcycling, ou “surcyclage” en français, permet de donner une seconde vie aux vêtements et tissus usagés en les transformant en de nouvelles pièces. Si vous aussi vous avez tenté de créer un bel effet tye-and-dye sur un jean avec de la javel, que vous avez custom votre ancienne paire de baskets ou que avez brodé un truc sympa sur un vieux t-shirt, alors vous vous êtes essayés à l’upcycling. 

N’oubliez pas qu’il n’est jamais trop tard pour prendre conscience des problèmes liés à son mode de consommation et pour changer ce dernier. 

Marion Riaux